Comprendre le sémillon : portrait d’un cépage caméléon
Le sémillon porte en lui une élégance inimitable, à la fois robuste et subtil. Issue probablement du bassin aquitain, cette variété de vigne à maturité tardive se distingue par des grains ronds, une peau fine, et une susceptibilité précieuse à la pourriture noble. Présent dans le Sud-Ouest depuis le XVIe siècle, il s’est imposé dans les zones propices à la production de liquoreux – Bergeracois, Sauternais, Australie – en raison de ses qualités naturelles rares. En 2022, le sémillon représente environ 14 % de l’encépagement en Dordogne, contre plus de 60 % dans le Sauternais, témoignant toutefois de son ancrage régional persistant (source : Interprofession des Vins de Bergerac et Duras, CIVB, FranceAgriMer).
- Grappes : abondantes, bien aérées, favorisant l’évaporation de l’eau et la concentration des sucres
- Pellicule : fine et fragile, absorbant facilement les brumes automnales de la Dordogne
- Maturation : tardive, compatible avec une vendange en plusieurs tries pour sélectionner les baies “botrytisées”
- Résistance : à la fois adaptée au terroir argilo-calcaire du Bergeracois, mais exposée aux maladies fongiques, d’où l’importance des traitements doux et du travail manuel
Ce profil rend le sémillon particulièrement intéressant pour la vinification de vins blancs, secs comme doux, mais sa plénitude s’exprime tout particulièrement quand il se transforme, sous l’influence du champignon Botrytis cinerea, en or liquide.