Bien trancher, présenter, déguster : des gestes qui font la différence
La découpe, un art au service de la dégustation
L’épaisseur et la température de la tranche changent tout. Une tranche trop épaisse de jambon cru masque les arômes, trop fine, elle sèche trop vite. La charcuterie se découpe idéalement au dernier moment, juste avant le service, à température ambiante (autour de 18 à 20°C). Selon la tradition, le couteau doit être bien aiguisé, long et étroit (un couteau à jambon), et la coupe faite dans la fibre pour préserver la texture.
- Pour un jambon sec : trancher en biais, en fines lamelles, en utilisant tout le gras pour la rondeur.
- Pour un saucisson : retirer le boyau (quand il s’agit d’un boyau naturel épais), puis trancher à la main, en biais si possible.
- Pour les pâtés, de belles tranches régulières, avec une lame passée sous l’eau chaude.
Un conseil des anciens : « le gras, c’est la rosée du porc ». Conservez le pourtour gras du jambon cru, c’est lui qui tempère la rusticité des chairs et fait voyager les arômes en bouche.
Température de service et accompagnement
Servir la charcuterie trop froide, c’est s’interdire la moitié des saveurs. Sortez les charcuteries du réfrigérateur 20 à 30 minutes avant de servir, quitte à les couvrir d’un linge. Les arômes se déploient à température ambiante, un fait désormais reconnu par le Centre d’études et de valorisation des produits du terroir (CEVPT).
Pour l’accompagnement, privilégiez des pains rustiques (campagne, seigle, noix), quelques légumes croquants (radis baguette, cornichons locaux), et, pour une alliance locale, un vin du Périgord ou de Bergerac, dont l’acidité et la fraîcheur accompagnent parfaitement le gras.