Panorama des terrines et rillettes emblématiques du Périgord
Terrine de canard ou d’oie
Viande de canard (ou d’oie) hachée grossièrement, marquée par la couleur foncée et la fermeté du gras. Les morceaux maigres côtoient la gorge ou le foie pour le moelleux. Certaines versions intègrent un peu de truffe noire du Périgord (Tuber melanosporum), particulièrement lors des fêtes. L’ajout de Monbazillac ou de vin rouge de Bergerac apporte cette note fruitée si caractéristique. La cuisson lente – souvent deux heures à 140 °C – permet d’obtenir ce goût profond et ce parfum de sous-bois.
- Particularité : parfum de terroir, texture ferme mais onctueuse, souvent plus aromatique que la terrine de porc.
Terrine de foie gras
C’est sans doute la plus connue, souvent confondue avec le foie gras simple. Ici, du foie gras entier ou en lobe (canard ou oie), mariné au sel, poivre, parfois porto ou armagnac, puis cuit en terrine au bain-marie, basse température. La texture varie selon la durée de cuisson : certains préfèrent une texture presque crémeuse, d’autres plus ferme. Une terrine réussie révèle la douceur du foie et un fond parfumé de muscade ou de truffe.
- Astuce dégustation : sortir la terrine une heure avant de la servir et l’accompagner d’un pain de campagne, d’une pointe de sel de Salies-de-Béarn ou de quelques noix fraîches.
Terrine de campagne périgourdine
À base de porc – souvent épaule et gorge –, d’œufs, parfois de lait cru. On y ajoute des herbes fraîches, de l’ail du jardin et des dés de foie. Certaines recettes recourent à un filet de vin rouge ou à de l’armagnac pour la note finale. Cette terrine, originale par sa rusticité, varie de village en village.
- Variantes : terrines aux châtaignes du Périgord, aux noix, au magret fumé ou relevées d’une pointe de piment d’Espelette (influence basque voisine).
Terrine de sanglier ou de chevreuil
Lorsque la chasse bat son plein, à l’automne, la tradition veut que l’on prépare de copieuses terrines de gibier. Le sanglier, le chevreuil et parfois la biche sont marinés longuement (24 à 48 heures dans du vin rouge, avec aromates et baies de genièvre) puis cuisinés façon terrine. Ces préparations offrent un goût puissant, boisé, qui se marie admirablement avec la noisette du Périgord.
- Conseil : servez légèrement frais, avec des cornichons locaux ou une compotée d’oignons nouveaux.
Rillettes de canard ou d’oie
À la différence de la terrine (hachée), la rillette est une viande effilochée, cuite très lentement (jusqu’à 6 heures) dans sa graisse, avant d’être écrasée à la fourchette. La rillette de canard ou d’oie du Périgord se distingue par sa texture fibreuse, sa richesse aromatique, et l’utilisation exclusive de graisse naturelle. Pas d’excès d’assaisonnement ni de conservateur – le secret réside dans la lenteur du geste.
- Fait notable : la rillette de canard est une spécialité pratiquement limitée au Sud-Ouest, alors que la rillette de porc s’est diffusée sur tout le territoire français (source : Les Rillettes, un produit emblématique, INRAE, 2018).