De la grappe au verre : vinification bio versus nature à Bergerac
Levures, sulfites et pratiques œnologiques : la grande divergence
Tout commence par la fermentation : en bio, si de nombreux vignerons travaillent en levures indigènes, la loi autorise aussi l’ajout de levures sélectionnées, parfois pour sécuriser une fermentation ; en nature, c’est un sacerdoce : pas de levures, enzymes ou « activateurs » exogènes, fût-ce au risque d’un démarrage plus lent ou moins contrôlé.
Le deuxième point de rupture, c’est le soufre. Les vins bio acceptent un usage mesuré de SO2 (voir plus haut) pour prévenir l’oxydation et stabiliser le vin. En nature, l’ajout est soit absent, soit limité à une goutte au moment de la mise en bouteille, ce qui suppose un élevage d'une rigueur impeccable et un suivi constant, faute de quoi les déviations microbiologiques (goûts de souris, volatile) guettent.
On notera qu’à Bergerac, grâce à un climat tempéré, la maîtrise de l’hygiène au chai et du froid naturel l’hiver facilite les approches nature, plus risquées sous des latitudes méridionales où les fermentations démarrent trop vite.
Autres différences notables
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Collage et filtration : le bio accepte certains agents de collage (bentonite, albumine d’œuf), le nature préfère le non-collage, et la mise en bouteille « à la volée », parfois avec un léger dépôt, ce qui demande une tolérance esthétique du consommateur.
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Sensibilité à l’oxygène : les vins nature, plus fragiles, sont parfois sujets à des variations de bouteille à bouteille. Certains voient cela comme un défaut, d’autres comme le prix à payer pour une authenticité maximale.
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Durabilité et transport : le soufre, en stabilisant le vin, facilite la garde et le transport lointain ; le vin nature, lui, s’adresse plutôt à une consommation locale et à un public curieux ou averti, capable d’accepter – voire de rechercher – l'imprévu.